Faire venir un salarié étranger en France et ce que la procédure coûte
La préfecture dispose de deux mois pour statuer sur l'autorisation de travail, et la taxe employeur atteint 2 506,67 euros pour un contrat de douze mois.
C'est l'employeur, et non le travailleur, qui demande l'autorisation de travail en France. La demande se dépose sur l'Administration numérique pour les étrangers en France, le téléservice du ministère de l'Intérieur, et l'administration dispose de deux mois à compter d'un dossier complet pour statuer. La taxe due ensuite par l'employeur est fixée par l'article L. 436-10 du CESEDA.
Cette procédure porte le nom d'introduction lorsque le salarié se trouve encore à l'étranger. Elle se distingue du changement de statut, qui concerne une personne déjà présente en France sous un autre titre, et elle commande tout le calendrier de mobilisation, du contrat signé à l'arrivée sur site.
Les étapes et les délais réels
La première question est celle de l'opposabilité de la situation de l'emploi. Si le métier et la zone géographique figurent dans la liste annexée à l'arrêté du 21 mai 2025, publié au Journal officiel du 22 mai 2025, l'administration ne peut pas opposer l'état du marché du travail. Dans le cas contraire, l'employeur doit avoir publié l'offre auprès du service public de l'emploi pendant trois semaines consécutives, dans les six mois qui précèdent la demande, et démontrer l'absence de candidature adaptée.
Le service de main d'oeuvre étrangère examine ensuite quatre séries de conditions cumulatives : la régularité de l'employeur au regard de ses obligations déclaratives et sociales, l'absence de sanction pour travail illégal, la conformité du contrat au droit du travail, et une rémunération au moins égale au SMIC ou au minimum conventionnel applicable.
| Étape | Qui agit | Repère de calendrier |
|---|---|---|
| Publication de l'offre (métier hors liste) | L'employeur, auprès de France Travail | Trois semaines consécutives dans les six mois précédents |
| Dépôt de la demande d'autorisation de travail | L'employeur, sur le téléservice ANEF | Avant toute conclusion définitive du recrutement |
| Instruction | Service de main d'oeuvre étrangère de la préfecture | Deux mois à compter d'un dossier complet |
| Demande de visa de long séjour | Le salarié, au consulat de France | Après la décision favorable |
| Visite médicale | L'Office français de l'immigration et de l'intégration | Dans les trois mois suivant l'embauche |
Les deux mois sont un délai légal, pas une prévision. Le compteur ne démarre qu'à partir d'un dossier complet, et la pièce qui manque le plus souvent est une annexe de contrat non signée ou un justificatif de rémunération incomplet. Un dossier renvoyé pour incomplétude remet le délai à zéro sans que personne n'annonce cette remise à zéro, ce qui est le principal écart entre le calendrier annoncé au salarié et le calendrier réel. Les ordres de grandeur d'un pays à l'autre sont comparés dans le calendrier corridor par corridor.
La taxe employeur, poste par poste
L'embauche d'un salarié étranger sur un contrat de trois mois ou plus déclenche la taxe prévue à l'article L. 436-10 du CESEDA. Depuis le 1er janvier 2023, elle n'est plus recouvrée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration mais par la Direction générale des finances publiques, et elle se déclare une fois par an, à terme échu, selon les règles applicables à la taxe sur la valeur ajoutée.
Le barème 2026 se lit à partir d'un SMIC mensuel brut de 1 823,03 euros.
| Durée du contrat | Rémunération mensuelle brute | Montant de la taxe |
|---|---|---|
| De trois à douze mois | Jusqu'à 1 823,03 euros | 74 euros |
| De trois à douze mois | De 1 823,03 à 2 734,55 euros | 210 euros |
| De trois à douze mois | Au delà de 2 734,55 euros | 300 euros |
| Douze mois et plus | Moins de 4 557,58 euros | 55 pour cent de la rémunération mensuelle brute |
| Douze mois et plus | À partir de 4 557,58 euros | 2 506,67 euros |
Le plafond correspond à 55 pour cent de deux fois et demie le SMIC mensuel. Pour un ouvrier qualifié rémunéré autour de 2 200 euros bruts sur un contrat à durée indéterminée, la taxe s'établit donc à 1 210 euros, à provisionner au même titre que le billet et les frais d'installation.
La taxe pèse sur l'employeur. Elle ne peut pas être refacturée au salarié, directement ou par une retenue sur salaire, et un montage qui la récupère sur la paie contredit à la fois la règle fiscale et le principe de gratuité du recrutement qui gouverne les corridors depuis le Népal, l'Inde et les Philippines.
Ce qui fait glisser une date de démarrage
Le recrutement ne peut pas être conclu avant la délivrance de l'autorisation. Une date de prise de poste annoncée à un candidat à Katmandou avant la décision préfectorale est une date que l'employeur ne maîtrise pas, et la pratique consistant à réserver les vols sur cette base produit chaque année des annulations évitables.
Le second écueil est géographique. La liste des métiers en tension est organisée par région, et l'appréciation suit l'adresse du lieu de travail, pas le siège social de l'entreprise. Un groupe qui ouvre un site à Toulouse et un autre à Lille instruit deux dossiers différents pour le même intitulé de poste. Avant le dépôt, la vérification préalable du titre reste par ailleurs due dans les conditions décrites dans la vérification du titre de séjour avant l'embauche.
Enfin, la France ne fixe aucun plafond chiffré pour l'immigration professionnelle, contrairement à l'Italie ou à la Grèce. Ce qui borne les volumes, ce sont l'instruction régionale et le délai de deux mois, comme l'explique ce qui limite réellement les volumes en France.
Un employeur qui planifie une saison ou une ouverture de site a intérêt à fixer la région et l'intitulé exact du poste avant d'écrire la fiche, puisque c'est cette rédaction qui détermine l'annexe régionale de référence. Le partage des tâches entre Werklist et l'entreprise figure sur notre page employeurs.
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